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15.07.2006
Julie Capable, dans Citrouille
Julie était maladroite, malheureuse, capable de rien. Sa mère n’était plus là, mais elle n’avait pas pu faire le deuil de cette perte. Elle n’avançait pas dans la vie. Tout le monde se moquait d’elle, personne ne la comprenait. Un soir d’hiver, à l’approche de Noël, n’en pouvant plus des méchancetés des autres, de son chagrin à elle, de cette vie intolérable, elle part loin dans le froid, au cimetière, attirée irrésistiblement vers un lieu de mort, auprès d’une tombe sans nom. Son cœur s’arrête. Ici le récit bascule dans un registre plus profondément ancré dans le mythe. Tel un chœur antique, six chats et une chatte s’approchent d’elle pour l’entourer. Quelques gouttes de lait nourricier suffisent pour la ramener à la vie. Les chats lui expliquent la mort de sa mère – qu’elle, sa fille, n’en était pas responsable et que, malgré son geste désespéré sa mère l’aimait toujours. Julie est libérée du poids de sa culpabilité. Elle peut enfin mettre un nom à son chagrin et revivre grâce à cet amour toujours présent. Il y aura encore des jours de tristesse et de larmes mais elle pourra reprendre espoir et avancer dans sa vie… Les gouaches quasi-cinématographiques d’Anne Brouillard s’harmonisent parfaitement avec le récit. Des petites vignettes et des grandes planches se succèdent, les couleurs varient au rythme du désespoir et de l’espoir retrouvée. L’hiver devient printemps. La simplicité du vocabulaire ne fait que renforcer la puissance émotionnelle du récit qui s’inscrit dans la lignée de Maudit Corbeau, Au secours les Anges et Demain les Fleurs. On referme le livre, comme Julie, apaisé.
Carol Hooge, Librairie des Enfants (Versailles), sur le site de Citrouille
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