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21.07.2006

Interview à propos de Julie Capable, sur Sitartmag.com

D’abord, pourquoi ce texte, Julie Capable,  vous tenait-il tant à cœur ?

Quand j’ai fini d’écrire ce texte, il y avait sur le papier exactement ce que je voulais dire aux enfants, comme j’avais envie de le dire. C’est un résultat assez rare pour que je refuse ensuite de changer la moindre virgule et que je me batte pour voir le texte édité tel quel. Et puis la séparation est un des thèmes fondamentaux qui s’est imposé à mon projet d’auteur. Ou plutôt la question du deuil comme une énergie de vie. Or face au suicide, cette question est particulièrement délicate, car la souffrance résonne alors dans la vertigineuse culpabilité de celui qui reste et l’insondable mystère de celui qui est parti. Etre parvenu à écrire à cet endroit était donc pour moi très important du point de vue du travail que je me suis donné. Par ailleurs – et je ne crois pas au hasard – quatre mois après avoir écrit ce texte il m’est revenu d’accompagner trois enfants dont le père venait de mettre, très violemment, fin à ses jours. C’est une des choses les plus difficiles que j’ai faite dans mon existence. Si je n’avais pas écrit ce texte, je n’aurais jamais su trouver les mots de vie que j’ai essayé de prononcer dans leur effroyable nuit. Quatre mois après avoir écrit ce texte, j’ai été le chat.

Comment expliquez-vous l’intervalle de dix ans entre sa création et sa publication ?

Il y a dix ans, quand je l’ai écrit, le suicide était encore un sujet tabou. Mais ce n’est pas la seule raison. Dans ce texte, on ne supportait pas l’absence des adultes –notamment du père- autour de la fillette, on ne supportait pas que la chatte l’allaite pour la ramener à la vie, on ne supportait pas qu’on ne sache finalement rien de la mère, que le chemin de la guérison, même s’il était résolument emprunté par la fillette, soit encore bien long au delà de la dernière page. (lire la suite sur le site de Sitartmag)