18.12.2006
[De UNE ÎLE MON ANGE à C'EST UNE HISTOIRE D'AMOUR]
Mes albums UNE ILE MON ANGE et C'EST UNE HISTOIRE D'AMOUR offrent le même texte au lecteur. Mais, illustrés de façons radicalement opposées, les mots eux aussi prennent des couleurs différentes. Les mots… et les personnages. Ainsi dans le deuxième album, de part l'interprétation de l'illustratrice, la femme vivant sur une île est devenue une femme des îles, et son enfant est devenu métis (métisse, même, ce qui a entrainé l'ajout d'un "e" à quelques participes passés du texte). En cliquant sur les couvertures, vous pourrez parcourir l'album format poche illustré par Mireille Vautier en 1992 (fichier pdf, 1,4 Mo), puis celui, grand format, illustré par Irene Schoch en 2004 (patientez paendant le chargement)
Extrait de l'interview d'Irène Schoch dans la revue PAROLE :
C’est une histoire d’amour, un texte de Thierry Lenain, avait paru une première fois à La Joie de Lire, en 1993, sous le titre Une île, mon ange, avec des illustrations beaucoup plus abstraites, très belles également, de Mireille Vautier. Est-ce vous qui avez souhaité l’illustrer à votre manière? Comment est née cette nouvelle version si différente?
Ce sont les éditions Albin Michel qui m’ont proposé ce texte, je crois que Thierry Lenain voulait le voir réédité; dans sa simplicité, son histoire est universelle, je pouvais sans autre y déployer mon univers, et j’ai eu envie, précisément, de montrer dans mon dessin la vie dans toute sa splendeur, comme un contrepoint visuel à ce texte d’une certaine gravité.
Il y a ces trois doubles pages sans paroles, celles qui évoquent la fin de l’histoire d’amour entre les deux parents…
C’était vraiment difficile, il fallait trouver le moyen, sans mots, de faire comprendre ce passage, cette transition, amener la séparation.
Sur le site LIRE ECRIRE A L'ÉCOLE :
C’est une histoire d’amour, Thierry Lenain, ill. Irène Schoch, Albin michel Jeunesse (réédition de Une île, mon ange, même auteur, illustré par Mireille Vautier, éditions La Joie de Lire)
Le titre est trompeur : c’est bien une histoire d’amour que nous conte Thierry Lenain, mais une histoire d’amour passée, terminée, qui subsiste par le souvenir chez l’un des deux protagonistes, l’homme, et surtout, dont il reste l’incarnation : l’enfant, une petite fille, née de l’amour entre un homme blanc, de métropole, et une femme noire, antillaise. C’est l’homme, le père, qui raconte à sa petite fille endormie - qui ne peut pas l’entendre - cette histoire d’amour entre cette femme et lui, du désir d’être ensemble à celui d’avoir un enfant, jusqu’à la séparation, cinq ans auparavant. Le récit à la première personne est relayé par les illustrations chaudes et colorées d’Irène Schoch, quand l’évocation des souvenirs devient trop douloureux, quand il s’agit de parler des premières tensions qui ont abouti à la séparation : le narrateur s’efface, et deux doubles pages sans textes racontent l’indicible. L’album est très beau, tant sur le plan visuel que sur le plan de la fiction, et du traitement pudique de cette histoire d’amour passée. Nul sentiment négatif dans les propos du narrateur, même si la tristesse liée à séparation n’est pas niée : l’accent est mis sur l’exaltation des moments heureux dont les souvenirs ne peuvent disparaître.
Dans la perspective d’une exploration en cycle 3 de l’univers de Thierry Lenain, cet album serait à rapprocher de Wahid, pour la thématique des amours interculturelles, au-delà des origines et des couleurs de peau - le personnage qui donne son titre à l’album étant né des amours d’un jeune soldat français en Algérie, et d’une Algérienne. Wahid est un album beaucoup plus lumineux, sans traces de mélancolie, au dispositif narratif beaucoup plus simple : les deux textes seraient à comparer pour faire émerger le point commun, et la tonalité très différente. Par ailleurs, C’est une histoire d’amour gagnerait à être lu autrement qu’en simple lecture offerte : il pourrait être support pour une séance de débat interprétatif à l’oral en cycle 3. Il s’agirait d’amener les élèves d’une part à déterminer qui parle, à qui, et de qui, et d’autre part à émettre des hypothèses sur les raisons qui amènent le narrateur à parler à sa petite fille endormie, ou encore sur celles qui président à la disparition du texte sur deux doubles pages. (Stéphanie Berthaud)

(cliquez sur l'image)
10:30 Publié dans C'est une histoire d'amour, Wahid | Lien permanent | Envoyer cette note
13.12.2006
C'est une histoire d'amour, lu par Sitartmag
Histoire de famille,
ou quand la nostalgie se vit comme un bonheur.
C'est avec des mots volontairement simples et limpides qu'un père s'adresse à son enfant, une petite fille qui dort près de lui ; c'est ce moment que le père a choisi pour se souvenir et revenir sur son histoire d'amour, la sienne mais aussi celle de la mère de la petite, se la racontant à lui-même autant qu'il parle à sa fille...
En apparence, c'est la banale histoire d'un couple, d'un amour naissant, florissant puis mourant, un récit comme il en existe par centaines, riche à la fois en bonheurs et en souffrances, une histoire hybride et plurielle, "qui me tient chaud, quand moi aussi je pleure..." dit le narrateur, sans nécessairement se contredire ; ce qui suit est ainsi imprégné d’une nostalgie et d’un vague à l’âme que compensent les belles illustrations vives et colorées d’Irène Schoch accompagnant le texte ; des peintures qui ressemblent à des collages naïfs et qui évoquent aussi les toiles exotiques d'un Gauguin ou d'un Douanier Rousseau : des peintures qui parlent presque d'elles-mêmes, et à partir desquelles les plus jeunes lecteurs peuvent sans difficulté construire leur propre trame narrative.
![]() | Dans le même temps, les mots demeurent essentiels et constituent une véritable déclaration, celle que l'on enverrait à un amour perdu ; reste un souvenir, un bonheur passé toujours vivant, incarnée par la fillette endormie : "même si aujourd'hui celle qui sera toujours ta maman n'est plus ma femme. Même si aujourd'hui, moi qui serai toujours ton papa, je ne suis plus son mari. Elle et moi t’aimons ensemble, chacun de notre côté." Un texte sobre et émouvant, qui en dit long sur la manière de réconcilier l’irréconciliable et de déjouer les paradoxes de l'existence, qui s'adresse aux enfants autant qu'aux adultes, donnant quelques clés sur la façon dont on peut s'adresser aux enfants quand la vie semble trop compliquée. |
La vérité n'est pas forcément confortable, ni à dire ni à accepter, mais les enfants en ont un besoin vital : ce n'est pas sur le mensonge que peuvent se fonder des relations de confiance entre les générations ; ce n'est pas non plus sur le non-dit que l'on aide les enfants à se construire une identité. A travers cet album (la "reprise", en quelque sorte, d'un texte publié en 1993 par les éditions La joie de lire et qui s’intitulait Une île, mon ange, illustré à l'époque par Mireille Vautier), Thierry Lenain déploie une nouvelle fois son talent de conteur et de fin psychologue, affirmant en filigrane que toute vérité est bonne à dire, même aux plus jeunes ; ce qui compte, et ce qui intéresse le prolifique auteur, c'est le "comment" : la manière d'amener et de formuler les choses, une préoccupation essentielle que l'on retrouve au fil de ses divers ouvrages, comme dans H.B. (paru l'an passé aux éditions Sarbacane) ou dans la série des Zazie.
09:32 Publié dans C'est une histoire d'amour | Lien permanent | Envoyer cette note
12.08.2006
C'est une histoire d'amour, sur le site de Ricochet
«Cet ouvrage a été publié pour la première par La Joie de Lire en 1993, sous le titre Une île, mon ange avec des illustrations de Mireille Vautier. Thierry Lenain pose un texte sobre et sensible, sur une histoire qui pourrait être banale, qui pourrait être tout aussi bien extraordinaire : une histoire d’amour. Un père raconte à sa fille de cinq ans, comment il a rencontré sa femme et sa maman. Un marin, des lettres, la Polynésie, l’attente et les retrouvailles. Un amour perdu certes, car ils se sont séparés, mais où chacun continue d’apporter à l’enfant l’amour dont il a besoin. Irène Schoch, par ses couleurs, ses grandes double pages lumineuses, son air naïf, donne à cette histoire une belle intensité.» (site Ricochet)
ill. Irene Schoch, Albin Michel - (Cliquez sur les vignettes ci-dessous pour les agrandir)
18:35 Publié dans C'est une histoire d'amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.08.2006
C'est une histoire d'amour, dans L'Humanité
«Une histoire d’amour… Même une très belle histoire d’amour, à contre-pied des récits généralement inspirés par la séparation des parents. Celle que raconte un père divorcé à sa fillette pour magnifier les temps d’amour heureux qui ont présidé à sa naissance. Un amour par-delà les mers qui se transmute en amour parental partagé, baigné dans une lumière sensuelle et généreuse. De l’un à l’autre l’enfant peut rêver et voyager apaisé.» (Bernard Epin, L'Humanité).
14:50 Publié dans C'est une histoire d'amour | Lien permanent | Envoyer cette note






















