17/12/2009
Littérature de jeunesse et engagement
"Symétriquement, il nous faut rendre compte ici d'une expérience récente de réception de la littérature par les enfants, éclairante sur le sujet. Elle s'est déroulée à la bibliothèque d'Eaubonne avec Thierry Lenain, rédacteur en chef de la revue Citrouille, auteur engagé sur les questions de société, du handicap et du racisme, entre autres dans La Fille du canal ou dans Aissata (Syros, 1991), récit qui l'a conduit à créer une association de défense d'une enfant de sans papier portant le nom de son héroïne. Lenain expliquait à un groupe d'enfants de 8-10 ans les circonstances de l'écriture de Wahid, album autobiographique de 2003, dans lequel il raconte la naissance de son fils, fruit de son mariage avec sa femme algérienne rencontrée à Grenoble, disait-il, et illustrant la valeur de l'amour qui « est plus fort que la guerre ». L'histoire de son « jeu de vivre » obligeait le narrateur de l'album à remonter à la guerre d'Algérie, à montrer, avec l'aide des images d'Olivier Balez, comment les grands-pères se sont combattus, mais comment le petit-fils est devenu le ciment d'une nouvelle harmonie familiale. Lenain reconnaissait, en fait, que cette logique du récit lui avait fait oublier les grands-mères, car il avait obéi obscurément au fantasme personnel du garçon qu'il avait été et qui souhaitait « devenir femme » et « faire des bébés ». Posant alors à son public étonné la question ; « Pourquoi j'écris des histoires, d'après vous ? », il devait recevoir les réponses suivantes : « Pour raconter ta vie, dire ce que tu as fait » ; « Parce ce que vous aimez la lecture » ; « Pour avoir de l'argent ». On retrouvait là les trois éléments du classement adopté par Gisèle Shapiro et concernant la notabilité, l'esthétisme et le professionnalisme. Le quatrième terme échappait à la vision des enfants qui n'avaient pas compris ce que Lenain leur expliqua enfin : « J'ai voulu montrer qu'un papa pouvait porter un bébé par la parole ». Remarque subversive à la hauteur d'une avant-garde revendiquée." (Jean Perrot - extrait de son introduction à un colloque sur les engagements en littérature de jeunesse)
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28/04/2008
Fête du livre d'Aizenay, bilan…
Aizenay – Louis Buton - Classe de cycle III de Joël Blanchard
Avant de rencontrer Thierry Lenain je ne croyais pas qu’il allait nous dire ses sentiments, mais je me trompais car il nous a raconté tous ses sentiments. Quand j’ai vu « l’arbre vie » à la fête du livre je l’ai trouvé beau. La fête du livre était bien organisée surtout « le petit coin orange » (l’oasis). C’était super quand j’ai accompagné le petit groupe d’enfants dont je m’occupais pour voir le raconte-tapis, puis ils ont fait les jeux sur l’espace, ils ont bien aimé. Zoé Bonnaud
Le moment que j’ai préféré c’est la rencontre avec Thierry Lenain dans la classe, je le vois plus philosophe qu’écrivain. Ensuite j’ai bien aimé découvrir la fête du livre en faisant visiter à des CP avec Mélina parce que c’était un autre moyen de voir l’exposition. J’ai trouvé le spectacle de Jean-Louis très drôle et triste, il était fait à partir des textes de livres de Thierry Lenain. Ca m’a fait rire quand il a dit Rachida à la place de Radhidja. Dans l’entrée les décors étaient très bien faits, surtout les personnages. Léa Perraudeau
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07/02/2008
Pourquoi ça peut faire plaisir, d'être un auteur jeunesse
Je réponds que je m'en fous, d'être écrivain.
Mais je ne fous pas de ça, mais alors pas du tout :
« Bonjour Monsieur Lenain,
Je m'appelle Aurélie et j'ai 23 ans.
En surfant sur le net, je suis tombée sur votre blog et je me permets de vous adresser un petit mot pour vous dire à quel point vos livres ont marqué mon adolescence.
J'étais en classe de quatrième, il y a 11 ans maintenant, et notre professeur de français avait décidé de nous faire travailler sur Clair de Loup, un Pacte avec le diable et Crève la Faim. Ce qui semblait au départ une "corvée de lecture" s'est transformé en un petit moment de bonheur.
Je n'étais pas passionnée de lecture, mais alors pas du tout, et pourtant j'en ai passé des nuits blanches à lire vos livres sous la couette, avec une petite lampe de poche ! Et j'ai tellement pleuré sur Crève la Faim... Ce livre a été le plus marquant, d'autant plus qu'à cette époque ma famille traversait des difficultés financières et nous dépendions des Restos du Coeur pour manger. L'histoire avait donc une résonnance toute particulière à mes yeux d'enfant.
Vos histoires, vos mots, votre style ont eu beaucoup plus d'impact que ne pouvaient en avoir mes professeurs, mes amis et même mes parents. J'ai un peu de mal à exprimer ce que je ressens mais de tous les livres que j'ai lus jusqu'à présent les votres auront toujours une place particulière.
Un grand merci pour tout ce que vos livres m'ont apporté et je ne dois pas être la seule dans ce cas...
Aujourd'hui je vis en Asie, et dans chaque pays où je suis amenée à travailler, je file au centre culturel français pour voir s'ils ont un exemplaire de vos livres en rayon, et quand ce n'est pas le cas, je laisse un commentaire -salé- dans le livre de "suggestion d'achats"... Car tous les enfants -et les adultes!- devraient vous lire au moins une fois dans leur vie.
Et promis, à mon retour en France, je dévorerai vos nouveaux romans.
Encore merci, Monsieur Lenain.
Bonne continuation
Aurélie »
Merci à Aurélie de m'avoir autorisé à reproduire son mail.
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